Classeur de cartes Pokémon en tissu : le coudre pas à pas
Loisirs créatifs

Classeur de cartes Pokémon en tissu : le coudre pas à pas

9 min de lecture

Un classeur de cartes à collectionner en tissu se coud avec une toile épaisse, du vinyle cristal, du biais et un bouton pression. Chaque page offre neuf poches, une par carte glissée dans sa pochette de protection : comptez d’abord les pages sur la taille du lot, coupez aux cotes de la carte, puis montez couverture et pages.

Un classeur de cartes à collectionner, fait pour être feuilleté

Un enfant qui collectionne veut deux choses : retrouver une carte précise en quelques secondes, et la montrer sans qu’elle passe de main en main. Le classeur répond aux deux. Les pages se tournent comme celles d’un album, le copain regarde, et la carte reste derrière son vinyle.

Chaque carte y garde sa pochette de protection, enveloppe souple et transparente à sa taille : elle ne frotte pas contre le vinyle, ses coins ne s’usent pas, et elle change de case sans quitter sa protection.

Une série, ou extension, réunit les cartes sorties sous un même nom. D’après Poképédia, l’encyclopédie des fans du jeu, son symbole figure sur toutes ses cartes, et chaque carte porte en bas à droite un numéro suivi du nombre total de cartes de la série. Rangées série par série, puis numéro par numéro, les pages montrent d’un coup d’œil ce qui est déjà là.

Le même bas de carte indique la rareté : un rond pour une commune, un losange pour une peu commune, une étoile pour une rare. Les brillantes se voient à l’œil : sur une holo, seul le dessin brille ; sur une reverse, tout brille sauf le dessin. Ce sont elles que l’enfant aime montrer à ses amis.

Fermé par sa patte à bouton pression, le classeur de cartes part à l’école ou chez les grands-parents d’un seul bloc. Les cartes se déplacent avec lui sans jamais sortir de leur case.

Les fournitures du rayon, pièce par pièce

Tout se trouve au rayon mercerie ; les quantités de vinyle et de biais dépendent du nombre de cartes à ranger, converti en pages juste après.

  • Toile de coton, coutil ou coton épais pour l’extérieur de la couverture, assez ferme pour tenir debout.
  • Coton plus fin pour la doublure, et un entoilage thermocollant épais qui donne du corps aux plats.
  • Vinyle cristal fin et souple pour coudre les pages, ou pochettes à neuf cases perforées si vous ne cousez que la couverture.
  • Biais de coton plié, assorti ou contrasté, pour border la couverture et renforcer le bord de reliure des pages.
  • Pour relier : un mécanisme d’anneaux à riveter avec ses rivets, ou un ruban à nouer passé dans des œillets.
  • Un bouton pression, avec une chute de toile pour la patte de fermeture.
  • Fil polyester, aiguille pour tissus épais, pinces à tissu et papier de soie.

Biais moutarde, anneaux métalliques et boutons pression sur un plateau en bois

Pour les pages, le vinyle cristal fait la différence entre un classeur qui se feuillette et une liasse raide : choisissez-le fin, qu’il se plie sans garder de marque et passe sous le pied sans forcer. Les pages perforées du commerce vont plus vite, mais imposent leur format et l’écartement de leurs trous.

Pour la reliure, le ruban convient aux petits collectionneurs : rien de métallique, et une page s’ajoute en dénouant un nœud. Les anneaux, eux, s’ouvrent d’un geste quand la collection grossit et que les pages changent d’ordre.

Compter les pages à partir du lot

Vous comptez vos pages à partir du lot, et un lot d’occasion où chaque carte est unique rend ce calcul juste du premier coup : aucune carte, reconnue à son symbole de série et à son numéro, n’y figure deux fois, à toutes les tailles proposées, donc chaque case reçoit une carte différente. La boutique compose ses lots à partir d’un stock trié par série puis classé par numéro, une pile par numéro, en prenant chaque carte sur le dessus d’une pile différente, et une pile ne sert jamais deux fois. Cet ordre, la série puis le numéro, est justement celui de vos pages. Ses repères vont de 50 ou 100 cartes pour essayer ou pour un petit cadeau, soit 6 ou 12 pages, à 250 cartes et plus pour un anniversaire, soit 28 pages au moins.

Pour chaque taille, la règle reste la même : divisez le nombre de cartes par 9 et arrondissez à la page supérieure, car une page entamée reste une page à coudre. La dernière garde quelques cases libres, et tant mieux : elles accueillent les premières cartes échangées dans la cour.

Cartes à rangerDivision par 9Pages à coudreCases disponiblesCases libres
505,566544
10011,11121088
100 + 35 déjà possédées15151350
25027,78282522

Si l’enfant a déjà des cartes, ajoutez-les au total avant de diviser. La troisième ligne le montre : cent trente-cinq cartes tombent pile sur quinze pages, sans une case de marge. Cousez alors une ou deux pages supplémentaires pour voir la collection grandir sans tout recoudre.

Enfant qui feuillette sur ses genoux un classeur en tissu garni de cartes à collectionner

Couper la couverture et les pages aux bonnes cotes

Toutes les cotes partent de la carte. Poképédia donne 63 × 88 mm pour une carte habituelle. Glissée dans sa pochette, elle gagne quelques millimètres : posez-en une sur la règle, mesurez, puis ajoutez 4 mm en largeur et en hauteur. Les cotes ci-dessous partent d’une case de 70 × 95 mm, de couture à couture ; adaptez-les si votre mesure diffère.

Sur une page, le calcul se lit de gauche à droite : 30 mm de marge de reliure, trois cases de 70 mm et 10 mm de bord, soit 250 mm de large. En hauteur, 10 mm, trois cases de 95 mm et 10 mm donnent 305 mm.

Par page, coupez dans le vinyle cristal :

  • un fond de 250 × 305 mm ;
  • trois bandes de façade de 75 × 305 mm, soit 70 mm de case et 5 mm qui passent sous la couture de colonne ;
  • 35 cm de biais pour le bord de reliure, extrémités repliées comprises.

La couverture déborde des pages de 15 mm en haut, en bas et sur le bord extérieur : chaque plat mesure 265 × 335 mm. Le dos vaut l’épaisseur de la pile de pages garnies, plus 10 mm de jeu. Pour un dos de 40 mm, coupez toile et doublure à 570 × 335 mm (265 + 40 + 265), l’entoilage 5 mm plus court tout autour, et deux rectangles de 70 × 130 mm pour la patte. Le biais de bordure suit le périmètre, 2 × (570 + 335) = 1 810 mm : prévoyez 1,90 m avec la jonction.

Le lot décrit plus haut se compose par tranches de cinquante cartes, avec dans chacune quatre rares et six brillantes : dix cartes, soit une page pleine et une case de la suivante. Bordez ces pages vitrines d’un biais contrasté, en tête de classeur, pour que l’enfant les ouvre directement. Les quarante autres cartes de la tranche, communes ou peu communes, remplissent quatre pages et quatre cases.

Monter le classeur pas à pas

La couverture et sa patte

  1. Thermocollez l’entoilage sur l’envers de la toile extérieure, fer réglé pour le coton, avant de sortir le vinyle.
  2. Assemblez les deux rectangles de la patte endroit contre endroit à 1 cm, laissez un petit côté ouvert, retournez et surpiquez : la patte finie mesure 50 × 120 mm.
  3. Posez la partie femelle du bouton pression au bout de la patte, à la pince ou au marteau, selon notre guide pour poser un bouton pression sans rater sa pose.
  4. Superposez toile et doublure envers contre envers, glissez le côté ouvert de la patte au milieu du bord du plat arrière, piquez tout le tour à 5 mm du bord, puis bordez de biais.

Le point droit suffit du début à la fin, comme le montrent les points de couture de base ; si la machine vous intimide encore, commencez par nos repères pour apprendre à coudre depuis le début.

Mains qui piquent du vinyle cristal sur une toile à la machine à coudre

Les pages de vinyle cristal

  1. Posez le fond à plat, puis la première bande de façade, son long bord gauche à 30 mm du bord de la page : ce bord libre sera l’entrée des poches, côté reliure.
  2. Piquez la couture de colonne à 70 mm de ce bord libre, papier de soie sous le pied. Posez la deuxième bande, bord libre contre la couture, piquez à 70 mm, puis la troisième de la même façon.
  3. Piquez les lignes de cases : à 10 mm du haut, puis tous les 95 mm. Chaque case se ferme sur trois côtés et s’ouvre vers la reliure.
  4. Bordez de biais le bord de reliure, puis percez les trous ou posez les œillets à l’écartement des anneaux ou du ruban.

Rivetez ensuite le mécanisme au centre du dos, ou passez le ruban dans les œillets du dos et des pages, nœud à l’extérieur. Fermez le classeur sur ses pages, repérez l’aplomb de la patte sur le plat avant et posez la partie mâle du bouton pression. Après une longue séance sur vinyle, passez la brosse sous la plaque, comme dans la routine d’entretien de la machine.

Il ne reste qu’à remplir le classeur en tissu : une série après l’autre, dans l’ordre des numéros, une carte par case, chacune dans sa pochette.

Vinyle piqué trop serré, cartes qui glissent : les erreurs

Le premier piège tient au réglage du point : un point trop court multiplie les trous dans le vinyle, qui finit par se détacher le long de la couture comme une feuille de timbres. Allongez nettement le point et arrêtez les coutures en nouant les fils plutôt qu’en revenant en arrière : chaque retour perce deux fois le même trait.

Le second touche directement les cartes. Une case trop large laisse la carte flotter : elle se décale, remonte vers l’entrée et glisse dès que l’enfant secoue le classeur ouvert. Une case trop étroite, à l’inverse, corne les coins à chaque passage. Mesurez toujours une carte sous pochette avant de tracer, et gardez l’entrée des cases côté reliure, jamais en haut : la carte repose alors sur la couture du bas quand le classeur se retrouve debout sur l’étagère.

Trois autres erreurs reviennent à l’atelier :

  • les épingles dans le vinyle, qui laissent des trous définitifs, là où les pinces ne marquent rien ;
  • le vinyle qui colle sous le pied et avance par à-coups, réglé par un papier de soie déchiré après la couture ;
  • une marge de reliure rognée, qui colle la première colonne de cartes contre le métal à chaque page tournée.

Votre page d’essai, avant tout le reste

Coupez un seul fond et trois bandes de vinyle cristal, piquez cette page d’essai, puis glissez-y neuf cartes dans leur pochette. Si chacune entre sans forcer et reste en place quand vous retournez la page, vos cotes sont bonnes. Comptez alors les pages du classeur sur le lot, ajoutez-en deux pour les échanges à venir, et lancez la couverture.